Pour les plus assidus de nos lecteurs, vous avez peut-être remarqués que nous attachons une importance particulière sur les sujets de la RSE (voir article RSE du 01/07/2025), sur le fait qu’une coopérative n’est pas une entreprise comme les autres. Qu’au-delà de son rôle économique nécessaire à la dynamique de la filière agricole, la CAVAC se doit de s’inscrire sur son territoire sur le respect d’un développement plus durable et avoir des pratiques socialement acceptables.
Il n’est plus tolérable que l’économie soit le seul critère de décision. La gestion sociale et sociétale doit et devrait déjà faire partie du deal. Maintenant, un 3ème sujet doit s’inscrire autour des échanges, celui de la transition écologique.
C’est dans ce cadre, le 24 octobre dernier, que se déroulait à Nantes, à Audencia, la Conférence Sociale pour la région des Pays de la Loire, sous le thème : « Le dialogue social comme levier de la transition écologique juste. »
Après une introduction partagée entre les différentes parties prenantes, Christophe COLLIGNAN DG adjoint de l’école Audencia, Jean-Luc CATANZARO élu régional, Fabrice RIGOULET-ROSE préfet de région, Bertrand SCHAUPP représentant le Medef et Jonathan SEMELIN Secrétaire politique CFDT qui a introduit au nom des différentes organisations syndicales représentatives sur la région, l’après-midi s’est déroulée au rythme de 3 différentes tables rondes.
Quels sont les principaux messages de cette conférence ?
- Les salariés ont des choses à dire sur le sujet. Il faut qu’ils puissent le faire!
La première table ronde a mis en avant l’intérêt du dialogue social dans les décisions collectives et tout particulièrement en ce qui concerne la construction de plans de route sur les sujets de la transition écologique. L’évolution du climat impacte et impactera le quotidien au travail. Les enjeux environnementaux ont des conséquences multiples (emploi, condition de travail, santé, formation, logement, …). Les salariés et leurs représentants doivent investir le sujet.
Des idées concrètes évoquées :
- L’importance du carbone sur les enjeux climat. Cela a été évoqué avec le projetZIBaC (Zone Industrielle Bas Carbone). Dans le plan de France 2030 ce projet vise à accélérer la décarbonation des zones industrielles les plus polluante Exemple à Saint Nazaire avec la création d’un hub CO2. C’est un centre de collecte, de valorisation puis d’export du CO2 émis par des cimentiers.
- L’importance de l’investissement dans la formation continue des salariés. En l’occurrence le projet ZIBaC à Saint Nazaire, après un appel à projet (AAP) estime la création de 5000 emplois, accompagné d’un plan de formation pour l’adaptation aux nouveaux métiers.
- L’importance des enjeux du logement et de l’attractivité. La ZIBaC du Dunkerquois estime d’ici 2030 la création de 30000 emplois. Cela nécessite de faire venir des compétences dans la région et de pouvoir les loger.
- L’importance d’accompagner les PME, TPE, voire les particuliers dans l’accompagnement à la décarbonation (par exemple le changement de véhicules thermiques au profit d’électriques).
L’ensemble des interventions s’accordait sur le fait que tous les projets doivent passer par un état des lieux complet et que le plan doit aller jusqu’à la mise en place concrète. Tous les acteurs doivent ainsi être parties prenantes dans les décisions. Ce travail préalable peut paraitre fastidieux mais il est gage d’efficacité dans la mise en place.
- Se projeter, c’est une notion de choix mais pas forcément de renoncement !
Les interventions (dirigeant et représentant du personnel) d’une société d’envergure nationale qui s’est engagée dans la démarche « Entreprise à mission » a été très positive et inspirante pour les élus CFDT. La notion de choix et non pas de renoncement, de transformer les défis en opportunités a marqué les esprits. Pour une entreprise à mission, comme pourrait l’être une coopérative, le dialogue social est un passage obligatoire pour sa réussite. Selon les témoignages, ils ne pourraient pas envisager d’évolutions des pratiques, de l’entreprise, …, si ces dernières pouvaient paraitre injuste pour les parties prenantes (salariés, usagers, clients, …). Il ne s’agit plus de s’inscrire uniquement sur des notions individuelles comme la « Résilience » mais maintenant aller vers une nouvelle réflexion plus large où l’on parle plus maintenant de notion de « Robustesse ».
Pour prendre un exemple, une entreprise multisites à Nantes et ses environs, a codécidé de dédier des journées au télétravail, notamment tous les vendredis, pour permettre de fermer certains sites. En revanche, pour permettre aux salariés qui ne souhaitaient pas télétravailler les partenaires sociaux se sont accordés à maintenir un site ouvert. Cela permet des économies de fonctionnement pour les 4 autres sites.

La 3ème table ronde et dernière, en guise de conclusion des travaux, nommée table des grands témoins, réunissait entre autre Laurent BERGER ex 1er Secrétaire national de la CFDT, Geoffroy ROUX DE BEZIEUX ancien dirigeant du Medef, Christiane LAMBERT ex 1ère Secrétaire de la FNSEA.
Participant à l’action nationale dite du « Laboratoire des Dialogues », Laurent BERGER a lancé son intervention en soulevant des questions : C’est quoi le dialogue social ? Quelles sont les conditions pour le réussir ? Pourquoi ça marche dans certaines entreprises ? Pourquoi ça ne marche pas dans d’autres ? En résumer, comment trouver des consensus malgré des attentes contradictoires ?
Aller vers une transition écologique juste c’est d’abord une question d’équilibre entre l’environnement, l’économie et le social. Mais que le social ne doit pas être un sous-produit de l’économie. Certes, les incertitudes bousculent les entreprises mais les orientations ne doivent pas être contraire à une transition juste. Elles doivent :
- Créer de valeur nécessaire à la pérennité ;
- Maintenir un travail de qualité ;
- Respecter l’environnement ;
- Garantir des conditions sociales respectueuses.
Que les échelons de responsabilité peuvent être différents, en partant du niveau individuel, à celui de l’entreprise, sans oublier les filières ou les enjeux macro-économiques. Qu’il ne faut pas attendre tous des autres. Les solutions ne viendront pas que des orientations nationales ou des directives européennes. Qu’il est nécessaire, à tous les échelons de la société, de se poser la question de qu’est-ce que je peux faire ?
En conclusion, le dialogue ce n’est pas du temps perdu. Cela permet d’intégrer la part d’acceptation sociale du changement. Cela appel au comportement des acteurs, d’acculturation et donc de la formation sur les sujets.
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