A la demande de la CFDT, une réunion d’échange s’est tenue le lundi 26 janvier dernier, en présence de Franck BLUTEAU Président de la CAVAC, Jérôme CALLEAU Président délégué, Olivier JOREAU Directeur Général et une délégation CFDT composée des 4 Délégués Syndicaux et du Secrétaire de CSE.
De mémoire des participants, une telle rencontre ne s’était pas produite depuis au moins 30 ans.
En 30 ans, la coopérative CAVAC est devenue un groupe coopératif. Le périmètre de ses activités et ses effectifs ont fortement évolués. Les attentes des salariés sont différentes. Aujourd’hui, ils aspirent à être de plus en plus acteurs de leur vie au travail.
Plus largement, les salariés de la filière Agri Agro (production, services, …) qui constituent le plus gros bataillon d’actif de la filière agricole (> 12 000 en Vendée, auxquels s’ajoute 19 000 salariés des entreprises agroalimentaires) accordent une importance croissante aux orientations choisies par leur entreprise sur les sujets de la responsabilité sociétale et environnementale (RSE). Quelques soient les instances (CSE, Conseil de la Chambre d’Agriculture, CA MSA, …), les élus CFDT sont acteurs et agissent en faveur d’une filière agricole économiquement viable mais aussi plus responsable. Les salariés considèrent être acteurs à part entière de la filière agricole et agroalimentaire.
Pourquoi cette rencontre CAVAC ?
A la CAVAC, c’est la même chose, les salariés sont profondément attachés aux valeurs et au sens porté par leur travail. Ils nous confient, de plus en plus, la responsabilité de porter et de défendre ces principes. Ils nous demandent également d’agir sur la reconnaissance, la considération, les conditions de travail et, plus largement sur les sujets de qualité de vie au travail.
Même si nous sommes sur le même “bateau”, les élus CFDT CAVAC constatent une dégradation de la circulation de l’information entre les représentants des différents acteurs (sociétaires/agriculteurs et salariés). Les informations des élus CSE, présents au CA CAVAC, se sont appauvries. De l’autre côté, les administrateurs CAVAC eux-mêmes, et nous en avons eu la confirmation le 26 janvier, ne reçoivent plus les PV du CSE. Pour rappel, ce principe est inscrit dans le code du travail. Pour certaines décisions importantes, les administrateurs doivent avoir connaissance de l’avis des membres du CSE avant leurs délibérations.
Aussi, l’année écoulée a été marquée par nombreuses évolutions au sein des directions avec plus de 10 changements intervenus ces derniers mois, sur le groupe. Certains dossiers, que l’on peut considérer comme prioritaire, ont révélé des tensions. Nous avons également constaté certaines anomalies, qui selon nous, lors de certaines prises de décisions ou certains fonctionnements, nous paraissent contraire à ce que l’on pourrait attendre d’une coopérative.
Fort de ces constats, et prenant ses responsabilités, la section CFDT a sollicité cette rencontre. Rendez-vous qui a été naturellement accepté.
Les préalables qui ont structurés ces échanges
La CFDT a tout de suite rappelé que cette démarche se voulait positive et constructive.
La délégation présente avait un mandat clair, issu d’un travail collaboratif réalisé avec l’ensemble des élus CFDT.
Cette rencontre n’avait aucun objectif d’ingérence au niveau des prérogatives respectives que ce soit du CA ou de la direction CAVAC. La CFDT a toujours respecté ce principe. Notre seule prérogative est de représenter les salariés qui nous ont exprimé une large confiance lors des derniers scrutins.
La CAVAC aujourd’hui et demain
Pour préparer cette rencontre, les élus CFDT réunis en groupe de travail, se sont appuyés sur les trois piliers de la RSE pour présenter les réussites CAVAC.
Enjeux économiques (la résilience, la robustesse) :
- Les résultats et l’évolution des fonds propres de la coopérative et du groupe ;
- Des investissements pour l’avenir des métiers et le développement des filières ;
- Les retours (Prédicoop et CER France) qui mettent en avant les prix de valorisation CAVAC.
Enjeu politique :
- Un ancrage au cœur des territoires (sections avec leurs délégués) et des filières (comités de groupement). La CFDT a toujours milité pour que la CAVAC reste à l’écoute des délégués qui représentent les adhérents.
Enjeux environnementaux :
- Le développement du Bio, de la démarche HVE ;
- Les investissements autour des services à l’agronomie.
Enjeux sociaux et sociétaux :
- Prix avec la démarche AgriEthique.
- Le fond Ohé la Terre.
Les salariés en attente d’action en lien avec les valeurs
La présentation s’est appuyée sur un autre schéma, une grille d’analyse de la QVT (Qualité de Vie au Travail), déjà utilisé lors de l’enquête Flash CFDT en 2023, mais aussi pour la précédente 10 ans plus tôt.

Cette grille nous a permis de mettre en évidence les attentes des salariés, ceci sans frein, ni tabou.
Nous n’avons évoqué des suggestions d’amélioration, notamment avec l’idée d’un label, celui “d’Entreprise à mission”, qui permettrait de s’accorder sur le suivi des engagements sociétaux et environnementaux de la coopérative dans le cadre de sa politique RSE.
Nous avons aussi insisté sur le statut spécifique et privilégié des coopératives.

Cette rencontre a aussi permis de faire une présentation détaillée de la CFDT CAVAC :
- Ses valeurs (solidarité, démocratie, égalité, responsabilité, …) ;
- Son attachement au principe de la Coopération et du Mutualisme ;
- Ses actions et services auprès des salariés (l’écoute, les enquêtes, l’information, les visites et permanences…) ;
- Son fonctionnement collectif et collaboratif.
Bien évidemment, nous ne pouvons pas retranscrire tous les sujets évoqués.
Même si nous n’avons pas trouvé de consensus sur tout, les échanges sont restés très constructifs. Pour le moment, il est trop tôt pour tirer un bilan de cette rencontre. Nous avions bien informé nos interlocuteurs que nous n’en attendions pas de réponse immédiate.
Pour la délégation et plus globalement la section CFDT ce rendez-vous était nécessaire. Nous considérons qu’elle aura un impact positif. L’écoute et les échanges entre les différents représentants élus ne peuvent qu’être favorables à un bon fonctionnement de la coopérative.
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